La colère, mon droit, ma faiblesse

La colère, mon droit, ma faiblesse

Mahia rentre du travail, plus tard que d’habitude ; les garçons sont vautrés devant la télé, son conjoint zappe sur les réseaux sociaux ;

le panier à linge lui fait un clin d’œil, et, à voir la vaisselle encore dans l’évier, elle comprend que préparer le diner n’attend plus qu’elle.

« Tu peux me prendre une bière » lui dit son chéri.

Un juron tonitruant fait lever la tête à tous les hommes de sa vie, incrédules et ahuris face à l’ouragan de reproches qui s’abat sur eux.

 

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La colère est un langage

Elle est l’expression sonore, violente, de notre ressenti dans une situation que nous vivons comme agressive.

Nous avons le droit d’être en colère, nous devons la libérer, la montrer, pour manifester notre frustration, notre refus ou notre désapprobation.

Elle peut signifier à notre entourage les limites de notre seuil de tolérance.

Exploser de colère est, souvent, le moyen de détruire un cumul d’émotions négatives refoulées

Mais celui qui la reçoit en est-il réellement l’unique responsable.

L’expression de notre colère ne vient –elle pas en résonance à d’autres situations où nous nous sommes trouvés dans l’incapacité de…

 

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Contrôler sa colère

Mahia est contrariée mais, en rentrant, son appréciation de la situation s’est trouvée brouillée par le ressenti négatif d’événements antérieurs.

Si elle avait été plus en conscience de son véritable état émotionnel, un excès d’implosion avec un risque d’explosion, aux conséquences désastreuses, Mahia aurait pu se montrer plus vigilante et prévenir d’éventuels débordements verbaux ou physiques.

Elle aurait dû écouter la petite voix qui lui soufflait « ne dis rien, sors de cette pièce, va respirer dehors, arrose tes plantes, ça va te calmer »

un moyen comme un autre de retrouver la sérénité et la modération nécessaires à toute discussion.

Elle aurait pu endiguer la colère montante et exprimer un sentiment plus proche de la réalité : le mécontentement ou la déception.

Elle aurait eu plus de chance d’être entendue et comprise.

Quand ils ne la comprennent pas, ceux qui reçoivent ce type de colère n’en retiennent que l’ampleur, qu’ils sont en droit d’estimer disproportionnée, démesurée voire injuste et injustifiée.

 

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Décrypter le véritable sens de sa colère

Que s’est-t-il passé avant ? Mahia a eu une journée difficile : une cascade de problèmes professionnels à régler dans l’urgence et des situations humaines, grosses consommatrices en maîtrise de soi, à gérer dans l’apaisement.

L’attitude des « hommes de sa vie » vient en écho :

• aux propos irrespectueux tenus par des collègues masculins qu’elle doit en permanence recadrer, propos qui ulcèrent sa zone de non tolérance ;
• à l’attitude méprisante de sa chef de département qui lui manifeste, en réunion, une hostilité larvée qu’elle peine à accepter ;
• à toutes les formes de mécontentement des salariés, qu’elle doit affronter et qui l’épuisent parce que contrariée par ce besoin d’amour qui est son point de fragilité.

Mahia, en cumul d’inimitié a cédé à la pression.

Le comportement des « hommes de sa vie », perçu comme une agression supplémentaire, devient l’élément déclencheur, le détonateur pour extérioriser un fort ressentiment.

Il est salutaire de ne pas refouler sa colère. Il est vital, pour qu’elle nous serve et nous permette de grandir, de lui donner tout son sens.

Mahia aura à identifier les véritables raisons de sa colère : estime de soi malmenée, affirmation de soi à conforter, gestion des conflits à maîtriser.

Elle aura à :

• accepter ces zones de fragilité comme ce besoin d’être rassurée par l’amour des autres,
• dépasser sa culpabilité à se sentir mauvaise mère parce qu’insuffisamment présente,
• reconnaitre ces marges de progression comme « ne plus se croire indispensable ».

 

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Diriger notre colère vers son véritable destinataire

Mahia est une impulsive, elle aura toujours des colères spontanées.

son objectif sera d’apprendre à mieux en définir la cause pour la diriger sur la bonne personne, dans l’espace approprié, avec l’intensité adéquate pour passer d’un message de colère à une vraie communication.

Elle décide de prendre le temps d’explorer les causes de sa colère. Elle s’ouvre de nouvelles perspectives.

Différencier ses espaces de vie, valoriser les activités de son temps libre, organiser et délimiter son temps de travail pour respecter le temps consacré à la vie privée, personnelle ou familiale ; lui parait un défi plus excitant à relever.

Elle arrêtera de se plaindre d’être toujours sollicitée et ne s’en prendra plus à son mari et à ses enfants, « en demande, tous en même temps, comme tous ces gens qui s’imaginent qu’elle n’a rien d’autre à f….e … ».

Elle devra s’astreindre à dire Non à toute demande ne pouvant être satisfaite dans ses créneaux de disponibilités.

Elle destinera la colère, disons l’expression appuyée de son refus, à ceux qui persisteront à lui manquer de respect en méprisant les limites qu’elle aura clairement définies.

Mahia a besoin de se sentir aimée pour avoir confiance en elle.

Pour ne plus se sentir dévalorisée parce que muette et invisible en réunion, elle devra recouvrer la confiance pour Se faire confiance.

Elle travaillera à s’estimer avec valeur, à argumenter pour défendre ses idées et affirmer son positionnement.

Elle pourra contrôler sa colère, l’apaiser en l’habillant de son véritable sens.

Pour se faire comprendre et être entendue, elle développera des réponses, plus constructives et plus pertinentes, aux situations dont elle pourra décider du degré de nocivité.

 

On ne doit pas se tromper de colère en la déversant sur des personnes aimées et non concernées ; ou en l’exprimant sur le mauvais territoire.

Nous avons le droit d’être en colère, mais nous avons le devoir de la diriger sur sa véritable cause.

 

 

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