Les enfants sont partis. On fait quoi maintenant ?

les enfants sont partis. On fait quoi

 

L’heure est venue pour lui de vivre sa propre vie. L’heure est venue pour eux de le regarder partir. Léa et Axel ont 3 enfants. Le dernier va partir.

Ils ont fait leur job ! bien ? Mal ? Aucune importance, ils ont fait pour le mieux.

OUI mais… les enfants partis, on fait quoi après ? On met quoi dans cette autre vie ?

Accepter la contradiction de nos sentiments

Quel parent n’a pas gambergé, fantasmé, espéré, appréhendé  le départ de ses enfants ? Certains par conviction en les y préparant ; d’autres en culpabilisant sur leur aspiration à une vie sans eux à la maison ; beaucoup par déni de fatale normalité ou en refusant de l’envisager.

Mais, quand arrive le moment de répondre à cet appel de la vie,  nous nous trouvons envahis et déroutés par la contradiction de nos sentiments : soulagement et culpabilité, tristesse et excitation, quiétude et appréhension,

Ne nous en prenons pas à nos enfants, ils sont comme nous, excités et effrayés  par  cette nouvelle liberté. Ils se sentent aussi coupables de partir que nous le sommes de les laisser s’en aller.

Inutiles d’en faire des enfants ingrats qui nous abandonnent et nous rendent malheureux alors que nous sommes simplement affolés à l’idée de nous retrouver seuls, tout seul ? seuls à deux ?

Au fond ce n’est pas leur présence qui va le plus nous manquer ; d’ailleurs nous sommes soulagés de pouvoir dormir sans avoir à guetter leur retour ; ce qui nous effraie c’est le bouleversement existentiel provoqué par leur absence et le bilan de notre vie qu’il nous contraint à dresser.

 

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Comprendre les raisons qui motivent notre difficulté à les laisser partir

Il est toujours difficile d’accepter  la réalité de leur départ. Il peut nous libérer intérieurement et en même temps réveiller des blessures mal cicatrisées de rupture ou d’abandon.

Clara est essentiellement mère, elle s’est identifiée à ce rôle. Continuer à le jouer équivaut à rester en vie. Entre stratégie et compromis, elle fera tout, ou  acceptera tout, pour garder au moins un de ses enfants près d’elle.

Pour clarisse, départ s’apparente à vide, à disparition, comme à la mort de son mari. Elle s’y refuse et  quitte à en faire « un tanguy » elle va emprisonner son fils, à la maison, dans une surabondance de bien-être matériel et financier. Elle ne restera pas seule.

Même pour les chanceux, confortablement installés dans le sentiment du devoir accompli, la séparation peut s’accompagner du vide de « fin de contrat » ; une forme de dépouillement, une perte d’identité, prémices à une sensation de  vide intérieur.  Le syndrome du nid vide.

Permettre à notre environnement de nous juger va nous forcer à toujours nous justifier et nous défendre.

Si nos choix nous appartiennent, nous devons nous les approprier et les assumer en conscientisant les raisons qui les motivent.

Offrons à nos enfants la liberté de vivre leur propre vie ; ils ne sont en rien concernés par le déroulé de la nôtre.

 

les enfants sont partis. On fait quoi

 

Dans l’absolu, nous sommes tenus de faire de nos enfants des individus capables de répondre de façon adaptée et constructive aux situations de la vie.

Dans la pratique, nous ne sommes que des êtres humains, imparfaits, piégés par certains événements de notre histoire personnelle ou familiale, formatés par notre environnement social et culturel. Nous faisons au mieux sans toujours mesurer l’impact de nos histoires de vie dans la relation que nous entretenons avec nos enfants.

L’envol du nid n’est pas synonyme de souffrance pour tous les parents.

Passé un temps d'adaptation, certains en arrivent à apprécier cette nouvelle forme de tranquillité et finissent même par y trouver du plaisir ; Un nouvel épanouissement par un retour à la vie professionnelle par exemple.

Plus de temps, plus d’espace, d’autres réorganisent leur vie, se refont un cocon pour s’y sentir bien. Comme Maya qui a refait la déco, transformé une des chambres en atelier et s’est offert le canapé blanc dont elle rêvait.

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise recette,  il y a pour chaque parent, ou chaque couple parental, une réponse singulière à apporter, une gestion de ce tournant de vie intimement liée à leur histoire et à leurs objectifs.

 

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Passer à une relation d’adulte à adulte

Nous serons toujours leur père, leur mère, leurs parents et nous nous inquiéterons toujours pour eux ; mais l’heure est venue de construire avec eux une relation d’adulte à adulte.

Apprenons à mettre de la distance entre leur vie et la nôtre, inutile de les harceler au téléphone ou de les inonder de SMS, de mettre en place de nouveaux rituels pour les ramener au bercail. Nos enfants nous quittent mais beaucoup tiennent à conserver leur confortable place d’enfant.

Nous sommes fiers de les voir se prendre en charge alors nous devons renoncer à notre droit d’ingérence dans leur vie.

Nous les voulons responsables ? En cas de sollicitation, nous devons nous contenter de donner un avis, une opinion, une façon de voir et non un conseil à suivre à la lettre. A eux d’assumer les conséquences de leur choix et de leurs actes.

 

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La vie est comme une forêt à traverser...

En début d’aventure, nous avançons derrière les enfants ; leur transmettant les règles à respecter, leur expliquant les gestes à maitriser, les pièges à éviter. Nous les aidons à se relever, s’ils se font mal en tombant.

En pleine forêt, ils partent seuls de leur côté, prêts à explorer des sentiers inconnus. Nous, nous continuons d’avancer à notre rythme.

Avec un peu de chance, au crépuscule, ils nous attendront à l’orée du bois et nous donneront le bras. Chemin faisant nous deviserons sur nos expériences de vie.

C’est aussi cela la transmission trans générationnelle, on apprend toujours les uns des autres.

Nos enfants grandissent, en même temps nous gagnons en maturité. Ils deviennent des adultes et pour les guider au mieux, nous apprenons à mieux comprendre, analyser et accepter notre propre histoire.

Les éduquer nous contraint à clarifier la relation à nos propres parents.

Démarche douloureuse mais ô combien enrichissante et salvatrice qui, au-delà de la compréhension intellectuelle qu’apporte l’analyse, nous apprend l’importance de la bienveillance et de l’humilité.  

 

Quand les enfants partent et débutent leur vie d'adulte, les parents continuent la leur.

 

Et vous, qu'en pensez-vous ?