Nourrir son couple sans ses parents

Nourrir son couple sans ses parents

 

C’est fini, bien fini, la porte s’est refermée sur lui. Il est parti avec armes, bagages et en prime quelques paroles blessantes.

Rupture de couple, Lara ressent, cette fois encore, un profond vide intérieur. Le silence l’oppresse. Elle se recroqueville dans son divan.

 

Désenchainez vos émotions, elles sont bavardes et libératrices

Lara a mal, si mal qu’elle préfère renoncer au comprimé « supprime-douleur » pour libérer les mots salvateurs qui l’amèneront à conscientiser les véritables raisons de la souffrance qui la vrille au cœur. 

« Au diable la honte, il n’y a que moi et moi, autant en profiter et ne pas refouler les sentiments contradictoires qui m’assaillent» se dit-elle.

Décidée à ne verser qu’une larme, elle n’arrive pourtant pas à tarir ce torrent d’eau qui charrie sa peine, sa colère et ses désillusions.

Elle se surprend à jurer, à crier sa déception, la souffrance de l’échec, le sentiment de solitude et d’abandon.

Lara s’entend hurler tel un animal blessé. Elle accompagne ce hurlement qui augure un soulagement bienfaisant.

Elle finit par lâcher prise, se refusant à raisonner, donnant quartier libre à son cœur. Elle accueille et extériorise ses émotions.

Elle se contente d’accepter ses perceptions et de se dire « pourquoi ? ».

 

nourrir son couple sans ses parents

 

Revisiter votre histoire amoureuse pour faire le point

Lara se remémore les choix inconscients qui les ont  rapprochés, elle et cet homme qu’elle appelle « l’homme de sa vie ». Subjuguée par sa force animale et son aisance matérielle, elle l’a joué « sexy wooman »

Ils ont exploré toute la panoplie de la séduction, des regards appuyés aux plaisirs partagés.

Durant cette  période fusionnelle, où chacun apprivoise l’autre, la passion a comblé son vide affectif.

Avec le temps, le feu devenu braise, la sensation de vide a peu à peu refait surface. Lara se souvient avoir vécu ce « retour du vide » avec ses précédents partenaires. Pourquoi ?

Soudain la peur s’empare de son cœur en errance. Lara appelle à l’aide son amie Samie,

Elles sont liées par une vraie amitié : peu de question, beaucoup de présence, pas de secret, pas de trahison, juste de la confiance.

Samie arrive, s’assied et l’écoute dans son va et vient entre les bons moments, les manquements, les attentions, les doutes et l’heure des trahisons.

Lara puise dans les yeux de Samie l’empathie et la bienveillance nécessaires à la réécriture de son histoire amoureuse.

Elle évoque les raisons qui avaient présidé à  sa rencontre amoureuse, ces mêmes raisons qui, une fois disparues, les ont éloignées puis séparées; elle décrit la distance qui s’installe, leurs difficultés à nourrir leur relation conjugale, et l’inéluctable séparation.

La douceur du sourire de Samie et les rares mots qu’elle lui renvoie, l’aide à accepter la réalité, à  conscientiser et à structurer le bilan de ce moment d’une vie à deux.

« Ma raison comprend mais mon cœur refuse » lui dit une petite voix.

Il est trop tôt pour Lara. Elle est en souffrance, elle doit vivre sa souffrance pour s’en libérer. 

 

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 S’affranchir des modèles parentaux pour vivre son histoire amoureuse

Le temps a passé, si la blessure est moins vive, la sensation de vide est toujours présente. Un jour de repli sur soi, l’image de ses parents s’impose à elle.

Lara entrevoit que la réponse à sa souffrance est ailleurs que dans sa relation de couple, elle est dans son histoire, dans le rapport à son père et à sa mère.

Son père, 1er homme de sa vie, sa mère, son 1er modèle d’identification. 

Amour ou haine, déification ou répulsion, soumission ou rébellion l’histoire qui nous lie à notre 1er amour, père ou mère, conditionne en partie notre capacité à « nous allier ».

« Faire alliance » nous renvoie à nos conditionnements familiaux et culturels, à la prégnance de nos stéréotypes, à nos frustrations, nos déséquilibres et à nos manques affectifs.

Comment investir l’autre, si, comme Lara, votre père est intériorisé comme un étalon-géniteur irresponsable, comme le tyran d’une fille à soustraire aux éventuels prédateurs, comme un modèle d’implication sociale avec lequel vous n’avez rien partagé ?

Difficile d’accepter l’autre, homme ou femme, dans sa fragilité, sa sensibilité et ses faiblesses quand on est fils ou fille d’un père déifié ou d’une mère poto-mitan.

Replonger dans l’univers familial ravive, chez Lara, mal-être et culpabilité.

D’images en images elle comprend combien son processus d’identification a été brouillé, d’une part par le refus d’une image maternelle où l’hyper sens des responsabilités habille la frustration, d’autre part, par le rejet d’un comportement masculin où les actes disqualifient les propos en sermon. 

Difficile de créer son couple lorsque l’on ne s’est pas déterminée dans la cacophonie de ses histoires familiale, sociale et culturelle.

Lara réalise la nécessité de retrouver son autonomie affective. Elle ne doit plus se  piéger dans la reproduction conforme ou inversée du modèle parental.

Elle va s’affranchir des implicites contraintes par loyauté familiale ou appartenance communautaire.

Elle va s’autoriser un tri sélectif dans son héritage de principes, de valeurs, de comportements et de références.

Adulte autonome et responsable, en capacité de faire des choix informés et assumés ; elle se définira ses propres règles de vie, les règles immortelles qui ont fait la preuve de leur efficacité, celles auxquelles elle adhère parce qu’elles parlent à son âme, celles qu’elle  trouve cohérentes parce qu’adaptées aux évolutions sociétales mais sur lesquelles elle reste en vigilance.

 

 

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Retrouver l’estime de soi pour aimer à nouveau

Lara va s’octroyer  un temps de sevrage.

Un jour, elle se proposera gentiment de passer à l’option suivante « réagir ». Hors de question de s’installer dans la facilité de la victimisation, à prendre goût à la souffrance et à la chérir.

L’apitoiement sur soi est un luxe que l’on doit exploiter sur une courte durée. Pour s’aider à en sortir Lara va se discipliner à réduire jour après jour sa période d’auto-victimisation.

En capacité d’évaluer son expérience amoureuse comme une rencontre amoureuse non nourrie et qui n’a pu évoluée vers une relation amoureuse pouvant s’inscrire dans le temps ; Lara comprend que l’on ne peut donner à aimer que ce que l’on a appris à aimer de soi-même.

Le don de Soi est à la mesure de l’amour et du respect que l’on se porte.

S’aimer facilite l’ouverture à l’autre, aide à l’accueillir dans sa singularité.

Un couple se construit et s’alimente dans la complémentarité et  la confrontation, dans l’échange et le partage mais aussi dans l’apprentissage du respect des excès et des limites de l’autre.

 

 

Un couple perdure dans la qualité de sa relation.

Autorise-toi à aimer de nouveau...

 

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